Une forte consommation d’aliments ultra-transformés par la mère nuit à la croissance et au développement du fœtus

Il est bien connu que le mode de vie pendant la grossesse joue un rôle fondamental dans le bien-être du fœtus. Les effets néfastes de l’alcool et du tabagisme ont été bien documentés.   L’alimentation, quant à elle, est un facteur majeur du bon développement intra-utérin. En effet, l’apport des nutriments nécessaires au développement du fœtus n’est pas remis en cause.  portrait d'une jeune femme enceinte en mangeant rappelant l'importance du bien manger pour la bonne croissance du fœtus

Mais qu’en est-il de la consommation d’aliments ultra-transformés (AUT) ? Comment peuvent-ils influencer la croissance du fœtus ? Dans une nouvelle étude récemment publiée en juin dernier, les AUT ne passent pas inaperçus.

Après les associations précédemment trouvées entre le mode de vie maternel et la croissance embryonnaire, cette étude publiée dans le journal Elsevier, nous montre qu’une consommation élevée d’aliments ultra-transformés a un effet comparable au fait de fumer plus de dix cigarettes par jour. De plus, l’étude révèle que l’effet est même supérieur à la consommation maternelle d’alcool. 

Description de l’étude

Aucune connaissance n’est  disponible sur l’impact de la consommation d’aliments ultra-transformés périconceptionnels sur la croissance embryonnaire.  Dans ce contexte, des chercheurs du pays bas ont suivi un total de 701 grossesses de la cohorte de Rotterdam dans le but d’étudier tel impact. 

Des bonbons de chocolat

 

Pour mesurer la croissance embryonnaire,  deux paramètres ont été choisis : la longueur couronne-croupe (CRL)* et le volume embryonnaire (EV), obtenus à l’aide de données échographiques tridimensionnelles et de techniques de réalité virtuelle à la 7e, 9e et 11e semaine de gestation.

La part d’aliment ultra-transformés consommés par les femmes enceintes a été obtenue à l’aide de l’administration d’une questionnaire de fréquence alimentaire en utilisant la classification NOVA

Les principaux résultats

Les résultats de cette étude montrent que la part d’aliments ultra-transformés consommés par les femmes enceintes a été de : 47,5 % en moyenne (variant de 16,3 % à 88,3 %). 

Cette consommation élevée, supérieure à la médiane française de 35 %, et d’autant plus au seuil préventif de 15 %, ne pouvait manquer d’avoir des conséquences sur le développement embryonnaire, montrant ainsi que :

Une augmentation de 10 % de la part d’aliments ultra-transformés diminue la croissance embryonnaire (CRL) et (EV) significativement de 3,0% et de 5,6% respectivement. 

Pourquoi les AUT sont néfastes pour le fœtus ? 

Deux hypothèses ont été émises par les chercheurs, en essayant de comprendre la magnitude des résultats trouvés lors de cette étude :

un petit bebe dans un panier

La première correspond à la mauvaise qualité nutritionnelle des aliments ultra-transformés. En effet, plusieurs études montrent que ces aliments contiennent des calories vides, souvent une grande quantité de sucres ajoutés et de graisses saturées, et sont également carencés en nutriments protecteurs (fibres, oméga 3, antioxydants vitamines et minéraux). Des rapports antérieurs ont déjà associé des carences ou des excès dans une gamme de macro et micronutriments à une altération significative du développement fœtal. 

Une deuxième hypothèse concerne d’autres propriétés des AUT en plus de leur qualité nutritionnelle, telles que les additifs alimentaires et la structure physique, appelée aussi matrice alimentaire. 

Bien que les niveaux d’additifs soient réglementés pour les produits alimentaires, leur consommation cumulée (effet cocktail) à long terme sur la santé n’est pas toujours claire. En outre, il y a de plus en plus d’études montrant que les additifs affectent la composition, la fonction et les interactions bactérie-hôte du microbiote intestinal.  

De plus, la matrice alimentaire des AUT peut être altérée au cours de la transformation, ce qui peut interférer avec la biodisponibilité des nutriments. Cela affecte la composition, le métabolisme et la croissance du microbiote, entraînant une inflammation intestinale. Par ailleurs, des différences dans le microbiote intestinal ont été associées à un gain de poids gestationnel et un diabète gestationnel dans de précédentes recherches. Plus encore, des études chez les rongeurs montrent que la perte de diversité du microbiote due à une alimentation riche en aliments ultra-transformés pourrait être transmise aux générations suivantes, soulignant l’importance de l’alimentation maternelle pour le microbiote de leur progéniture.

Conclusions 

Les résultats de cette étude soulignent l’importance de l’alimentation pendant le période de grossesse. La sensibilisation à la réduction de la consommation de AUT est encore insuffisante.

Accompagner les femmes enceintes vers une alimentation plus vraie est aujourd’hui un objectif devenu prioritaire pour la santé maternelle et néonatale à long terme.

Manger vrai pour vivre mieux est devenu plus vrai que jamais. 

Une femme enceinte tenant une pomme rappelant l'importance de l'alimentation pour la croissance du fœtus

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