Consommer responsable

La nouvelle année est souvent une période à laquelle nous nous attachons à prendre de bonnes résolutions. En ce début 2021, après le choc de 2020, ne gagnerions-nous pas à retrouver bon sens et vigueur ? Ce pourrait être le cas en réenvisageant nos pratiques de consommation en termes de durabilité. Consommer « responsable » est relativement accessible et vertueux à bien des égards (santé, économie locale, environnement). Pourquoi, cette année, ne pas s’y mettre ?!

Consommer local et de saison

Les circuits courts, auxquels le confinement a eu au moins le mérite de donner un coup d’accélérateur, confirment leurs bienfaits au niveau de la santé des consommateurs, de l’économie locale et de l’environnement. En effet, les fruits et légumes cultivés alentours sont généralement produits en saison et récoltés à maturité. Leurs qualités nutritionnelles s’en trouvent bien meilleures. De surcroît, le lien social entre producteurs et consommateurs génère plus de confiance et de convivialité, tout aussi favorables à la santé globale.

L’économie de proximité, tels que les marchés, les associations type AMAP, les salons et autres fermes-cueillette sont autant d’alternatives limitant les intermédiaires et les marges, le suremballage et l’impact carbone des transports routiers acheminant des marchandises d’un bout à l’autre de l’Europe. En termes de consommation responsable, il existe quantité de chemins à prendre, en fonction de ses objectifs, de ses besoins et de ses moyens.

Consommer équitable

Avec un cahier des charges et des contrôles rigoureux, les labels équitables ou solidaires garantissent éthique et écologie. Ils respectent, d’une part, les droits humains et les conditions de travail et, d’autre part, des cultures sans OGM ni pesticides. Il s’agit, le plus souvent, de produits à la provenance lointaine, aussi cette équité tend-elle à équilibrer les petits écarts « plaisir » (chocolat, café, fruits exotiques, etc.) avec notre résolution des circuits courts !

Consommer bio

Dans la mesure du possible, en recalculant parfois son budget ou en bougeant de quelques millimètres le curseur sur ses priorités, il n’est pas plus coûteux d’acheter des produits issus de l’agriculture biologique, plutôt que conventionnelle. On y gagne, en amont, en qualités nutritionnelles et, en aval, en vitalité.

En effet, en limitant les résidus de pesticides, de métaux lourds ou d’antibiothérapie, ainsi que les additifs chimiques délétères, l’organisme fonctionne bien mieux. La production en bio est aussi plus respectueuse de l’environnement et du bien-être animal.

En outre, le coût plus élevé des produits animaliers en bio invite à en réduire la consommation pour privilégier les végétaux, et notamment les protéines végétales. C’est là une opportunité pour adopter la règle des 3V, un régime alimentaire à base de produits végétaux, simplement transformés et variés. Les régimes flexitarien ou méditerranéen peuvent être un premier pas pour y parvenir.

Réduction du gaspillage et zéro déchet

La démarche est beaucoup plus simple et ludique qu’elle n’y paraît au départ, il suffit d’être motivé.e et un minimum organisé.e. Par exemple, prévoir des contenants réutilisables avant d’aller faire son marché ou ses courses, avoir en tête quelques astuces pour cuisiner les restes, préférer acheter en vrac plutôt que conditionné, d’occasion plutôt que neuf, etc.

Les tutoriels sont pléthores sur Internet pour tout faire soi-même ou DIY (Do It Yourself), ou presque : ses bocaux de légumes lacto-fermentés, ses cosmétiques, ses produits d’entretien, son potager et bien d’autres activités pratiques tout aussi bénéfiques, économiques, écologiques et, en plus, gratifiantes.

Toutes ces manières de consommer responsable relèvent, en définitive, de l’économie circulaire. Ce modèle économique systémique de production et d’échange s’appuie, d’un bout à l’autre de la chaîne, sur la durabilité des biens et des services.

Consommer responsable, c’est, en fin de compte, être un consomm’acteur, dont l’acte d’achat est une manière de se faire entendre et de s’engager sur le plan politique. Quoi de plus réjouissant en ces temps où tout peut basculer dans un sens ou dans un autre que de se lancer dans la « sobriété heureuse » de Pierre Rabhi ou consommer moins pour vivre mieux ?

En définitive, se nourrir en s’attachant à suivre la règle des 3V, à base de produits locaux, bio et de saison, et réduire le plus possible ses emballages et ses déchets, sont tout simplement un investissement sur sa qualité de vie et autant de clés pour une alimentation durable pour cette nouvelle année 2021.

 

Julie Lioré

L'auteur :
Julie Lioré

Julie Lioré est docteure en anthropologie et naturopathe.

Après plusieurs années de recherches appliquées sur les comportements alimentaires des jeunes, l’approche préventive et holistique de la naturopathie est venue compléter l’expertise du point de vue du corps et de la santé.

De cette approche transversale est née L’École des Aliments, un blog de pédagogie alimentaire sur lequel sont publiés des articles autour de l’interdépendance entre aliment, corps, santé et environnement.

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