Les labels alimentaires peuvent-ils être trompeurs pour le consommateur ?

Les labels alimentaires s’affichent partout et sont tellement nombreux qu’il devient de plus en plus difficile de s’y retrouver. Bio, Origine contrôlée, Commerce équitable, respect de l’environnement, etc. A chaque critère correspond son lot de labels et de logos bariolés !

Mais tous ces labels se valent-ils ? Sont-ils vraiment une garantie de qualité ? Comment se repérer dans cette “jungle” des labels alimentaires ?

Dans cet article, on vous donne les clés pour ne pas vous tromper et pouvoir choisir les produits alimentaires en fonction de vos attentes et de vos valeurs.

la jungle des labels alimentaires

Commençons par le commencement …

 

Qu’est ce qu’un label alimentaire de qualité ?

Un label de qualité est avant tout un moyen de faciliter la reconnaissance par le public de certaines caractéristiques d’un produit. Il peut se définir comme une marque collective matérialisée par un ensemble de signes distinctifs : nom, logo, etc.

Un label alimentaire pourra par exemple valoriser l’origine géographique d’un produit ou le respect d’un cahier des charges spécifique dans son élaboration.

La qualité d’un aliment peut avoir différents axes de lecture : origine, tradition, environnement, qualité supérieure, etc. C’est pourquoi il existe un certain nombre de labels alimentaires différents.

 

Savoir identifier les labels signes officiels de qualité

On ne devrait en fait parler de labels de qualité que pour désigner les signes officiels reconnus par les pouvoirs publics. Les autres sigles et logos affichés sur les produits alimentaires sont donc souvent improprement qualifiés de labels de qualité.

En France comme en Europe, la loi exige d’un label qu’il fasse l’objet d’un cahier des charges précis, et dispose d’un organisme accrédité pour délivrer des certificats de conformité.

On distingue trois grandes familles de labels alimentaires de qualité possédant un caractère officiel. Dans chacune de ces familles on trouve des signes officiels valorisant l’origine géographique, la qualité ou les méthodes de production d’un produit alimentaire. Le détail de ces labels est présenté un peu plus loin dans cet article.

1. Les signes européens de la qualité

Les labels alimentaires concernés : l’Appellation d’Origine Protégée (AOP), l’Indication Géographique Protégée (IGP), la Spécialité Traditionnelle Garantie (STG), et l’Agriculture biologique.

 

2. Les signes nationaux de la qualité

Les labels alimentaires concernés : le Label Rouge, l’Appellation d’origine contrôlée (AOC), la Certification de Conformité.

 

3. Les mentions valorisantes

On retrouve ici un certain nombre de mentions dont l’usage est extrêmement réglementé comme : “produit de montagne”, le qualificatif  “fermier” ou la mention “produit de la ferme”.

 

Attention ! Ces labels alimentaires sont les seuls signes dont l’utilisation est garantie par l’ÉtatEn France, ces labels de qualité sont régis par les ministères chargés de l’agriculture et de la consommation, ainsi que par l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO). Ils sont contrôlés par la DGCCRF.

 

Présentation détaillée des labels alimentaires officiels

les labels signes officiels de qualité

 

L’Appellation d’origine contrôlée (AOC)

Le logo (AOC) désigne un produit dont toutes les étapes de fabrication sont réalisées selon un savoir-faire reconnu dans une même zone géographique, qui donne ses caractéristiques au produit.

 

L’Appellation d’origine protégée (AOP)

Le logo (AOP) est l’équivalent européen de l’AOC. Elle protège le nom d’un produit dans tous les pays de l’UE.

 

L’Indication géographique protégée (IGP)

Le logo (IGP) désigne un produit dont les caractéristiques sont liées au lieu géographique dans lequel se déroule au moins sa production ou sa transformation selon des conditions bien déterminées. C’est un signe européen qui protège le nom du produit dans toute l’UE.

 

Le Label rouge

Label rouge est un signe français qui désigne des produits par leurs conditions de production ou de fabrication, et qui ont un niveau de qualité supérieure par rapport aux autres produits similaires.

 

L’agriculture biologique (AB)

Le logo (AB) garantit que le mode de production est respectueux de l’environnement et du bien-être animal. Les règles qui encadrent le mode de production biologique sont les mêmes dans toute l’Europe, et les produits importés sont soumis aux mêmes exigences.

 

La spécialité traditionnelle garantie (STG)

Le logo (STG) protège la composition traditionnelle d’un produit ou un mode de production traditionnelle au niveau européen.

 

Faut-il faire une confiance aveugle aux labels alimentaires officiels ?

La réponse est évidemment NON, et ce pour plusieurs raisons que nous allons vous détailler.

 

La qualité d’un produit ne peut pas se résumer à un unique critère

C’est le premier côté “trompeur” des labels alimentaires. Un label de qualité ne garantit la qualité d’un produit que sur un seul axe d’analyse (son origine ou le respect de l’environnement par exemple). Mais cela ne permet pas d’évaluer un produit dans sa globalité.

Les signes officiels de qualité, ne suffisent malheureusement pas à valoriser tous les aspects d’un produit alimentaire. La qualité nutritionnelle, le respect de l’environnement, le commerce équitable ou le degré de transformation des aliments, sont par exemple des critères importants pour faire ces courses.

 

Autres signes de qualité “non-officiels” mais pertinents

On retrouve donc sur les emballages un grand nombre de logos et mentions qui ne sont pas des labels alimentaires mais qui peuvent fournir des informations intéressantes au moment de choisir un produit.

signes de qualité non officiels mais pertinents

Ci-dessous, nous décrivons brièvement d’autres logos, non officiels, mais qui font référence à certains critères de qualité tout aussi importants.

 

Fairtrade/Max Havelaar

Fairtrade est une démarche créée pour lutter contre les injustices causées par le commerce mondialisé et améliorer la situation des producteurs des régions pauvres du monde. Le commerce équitable Fairtrade/Max Havelaar est une approche globale reposant sur des leviers de développement durable : économiques, sociaux et environnementaux.

 

Bleu-Blanc-Coeur

L’association Bleu-Blanc-Coeur qui est engagée avec l’Etat, regroupe l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire autour d’un objectif commun. Leur but est d’améliorer la qualité nutritionnelle de leurs produits (œufs, viandes, produits laitiers, farines, pain…) en augmentant la qualité de l’alimentation des animaux.

Cette approche permet ainsi d’avoir un impact bénéfique pour l’environnement tout en améliorant la qualité nutritionnelle et gustative des produits destinés aux consommateurs.

 

Le label « Pêche durable »

C’est le premier écolabel public français qui garantit au consommateur toutes les exigences de la pêche durable. Le label répond au souhait de la filière pêche de disposer d’un signe public de qualité permettant de valoriser les produits de la pêche française.

 

Le Marine Stewardship Council (MSC)

(MSC) est une organisation non gouvernementale qui a créé un label pour identifier les produits de la mer issus de la pêche durable. En vue d’apporter une solution au problème de la surpêche, cette ONG internationale opère auprès de pêcheries sur tous les continents.

 

Origine France Garantie (OFG)

(OFG) est une démarche collective d’acteurs qui souhaitent œuvrer ensemble à la promotion du « produire en France » et à la valorisation des savoir-faire industriels et artisanaux. OFG est l’unique certification qui atteste l’origine française d’un produit. Elle est transversale (tout secteur confondu) et incontestable (la certification, obligatoire, est réalisée par un organisme certificateur indépendant).

OFG se différencie des autres mentions « made in France », « conçu en France », « Fabriqué en France »…  qui sont auto-déclaratives et trop vagues.

 

Méfiez-vous cependant des pseudos labels alimentaires purement “marketing”

En dehors des logos officiels et non-officiels mentionnés ci-dessus, il existe d’autres types de logos, qu’on retrouve sur nos produits et prennent l’apparence de labels alimentaires de qualité. Pourtant ces logos ne traduisent pas vraiment une qualité du produit et sont en fait de véritables instruments de “marketing”.

Dans certains cas les industriels achètent parfois tout simplement le droit d’apposer ces logos sur leurs produits. Leur objectif est uniquement d’augmenter l’attractivité du produit aux yeux du consommateur pour améliorer ses ventes. Voici deux exemples bien connus des habitués des supermarchés.

 

Logo “Saveur de l’année”

Saveur de l’Année est un concept marketing qui s’appuie sur le principe du « testé et approuvé ». Il s’agit de 120 consommateurs qui font un test gustatif en “aveugle”.  Lors de l’évaluation, seulement 4 critères sont pris en compte (le goût, l’aspect du produit, l’odeur, la texture). Les produits obtenant les meilleures notes sont élus « saveur de l’année” sans aucune certification ou prise en compte de l’impact santé de l’aliment.

 

Logo “Élu produit de l’année”

Là encore, le logo “Élu produit de l’année” ‘est une marque marketing qui cherche à mettre en valeur certains produits de consommation courante (et pas seulement des produits alimentaires).

Comment ça marche ? Ce sont les industriels qui paient pour être candidats au concours. Une fois sélectionnées les marques, sont évaluées  par un échantillon de 10 000 consommateurs, qui ne garantissent même pas d’avoir goûté le produit auparavant.

L’évaluation est faite selon un questionnaire, axé principalement sur la commercialisation, l’esthétique et l’emballage du produit. Les aspects qualitatifs ne sont pas pris en compte.

En résumé, voici quelques-unes des raisons pour lesquelles nous ne pouvons pas faire confiance à ce type de logos marketing, qui visent uniquement à augmenter les ventes, sans être des garanties de qualité.  

  • Il n’existe pas un cahier de charges validant la méthodologie et le bien-fondé de ces évaluations.
  • Les critères sélectionnés pour effectuer l’évaluation ne tiennent pas compte de la qualité globale du produit.
  • Le produits ne sont pas évalués par des experts, mais par de simples consommateurs.
  • Seules les marques qui paient pour accéder à ce type de concours peuvent y avoir accès.

 

Le potentiel santé des aliments n’est pas pris en compte par les labels alimentaires

La fonction première d’un aliment est de fournir l’énergie et les nutriments dont notre corps a besoin. Il est donc primordial pour choisir un aliment de s’intéresser à son impact santé.

 

Qu’est-ce que le potentiel santé d’un aliment ?

C’est la capacité d’un aliment à agir d’une manière bénéfique pour la santé. Ce potentiel santé relève d’une part de sa composition (nutriments) et d’autre part de sa matrice (structure physique).

Qu’est-ce alors qu’un aliment sain ? Il s’agit d’un aliment qui présente une combinaison bénéfique pour l’organisme dans sa dimension nutritionnelle et structurelle. 

Ce potentiel santé est réduit ou même perdu dès qu’on est en présence d’un aliment ultra-transformé.

potentiel santé d'un aliment

Comment savoir si on est face à un aliment ultra-transformé ?  

Pour identifier les aliments ultra-transformés, il faut bien observer les listes d’ingrédients des produits que l’on met dans son panier de courses. C’est dans cette liste d’ingrédients que l’on peut constater la présence d’ingrédients/additifs qui sont marqueurs d’ultra-transformation ».

Ces marqueurs d’ultra-transformation sont des ingrédients purifiés et/ou dénaturés obtenus par des procédés technologiques relevant du cracking, de la purification et/ou de la synthèse chimique.

La matrice alimentaire des ingrédients d’origine se trouve modifiée par l’application de tels procédés. On obtient alors des substances dont le potentiel santé est dégradé par rapport aux ingrédients originels : perte de composés protecteurs, digestibilité accélérée, …

 

Les labels alimentaires peuvent parfois nous induire en erreur

Pour mieux comprendre, regardons les images ci-dessous. Les produits ont été sélectionnés sous un axe de qualité spécifique, qui se matérialise par un label de qualité alimentaire officiel (label rouge, agriculture bio).

Pourtant ces aliments contiennent des marqueurs d’ultra-transformation (sur fond rouge) et leur consommation en grande quantité n’est pas recommandée.

label agriculture biologique et aliments ultra-transformés

label rouge et aliments ultra-transformés

 

Même constat avec des certifications non-officielles comme le label pêche durable.

label pèche durable et aliments ultra-transformés

Dans ces exemples, nous pouvons constater qu’un seul axe d’analyse ne suffit pas à évaluer la qualité alimentaire dans sa globalité. Faire une confiance aveugle à un logo (aussi fiable et officiel soit-il) représente un risque réel de se trouver induit en erreur.

Attention, notre propos n’est pas de dire que ces signes de qualité ne sont pas valides ou ne remplissent pas leur office. Bien au contraire, nous estimons qu’ils peuvent être pertinents s’ils nous aident à différencier entre de nombreux produits alimentaires ceux qui répondent le mieux à mes attentes de qualité.

Ce que nous voulons souligner, c’est tout simplement qu’on ne peut réduire la qualité d’un aliment à un unique critère. Il est nécessaire de considérer l’alimentation d’un point de vue holistique, c’est-à-dire dans sa globalité.

 

Comment choisir un produit de qualité sans se tromper ?

Le choix d’un produit de « qualité » est forcément subjectif, puisqu’il dépend de critères qui sont propres à chaque individu. Pour choisir un produit de qualité posez-vous d’abord la question suivante : Quels sont les critères de qualité que je souhaite prendre en compte dans mon choix ? Deuxième axe de réflexion tout aussi important : Ce produit représente-t-il une menace pour ma santé ?

 

Méthodologie en 3 étapes pour un choix de produit éclairé s’appuyant sur les labels alimentaires !

1-Définir les critères de qualité qui correspondent à mes attentes.

2-Vérifier si les logos de qualité sélectionnés selon mes critères sont bien présents sur l’emballage du produit.

3-Vérifier l’absence d’ingrédients ultra-transformés.

 

Etape 1 : Définir les critères de qualité adaptés à mes attentes

En fonction des signes de qualité mentionnés ci-dessus ou peut-être d’autres critères, vous sélectionnerez celui ou ceux qui correspondent le mieux à vos valeurs et à vos attentes en matière de qualité. C’est un choix totalement personnel.

Certains d’entre vous vont ainsi privilégier le commerce équitable et qui permet une redistribution plus juste de la valeur du produit, d’autres accorderont plus d’importances au respect d’un savoir-faire traditionnel.

 

Etape 2 : Vérifier si les logos de qualité retenus sont bien présents sur l’emballage du produit

Une fois mes critères de qualité choisis, je recherche sur l’emballage les mentions correspondantes. Si vous avez du mal à les trouver, vous pouvez aller directement sur le site officiel du label de qualité. Vous trouverez normalement la liste de tous les produits portant ce label.

 

Etape 3 : Vérifier que vous n’êtes pas en présence d’un aliment ultra-transformé

Nous vous invitons tout d’abord à jeter un oeil à la démarche Siga. Il s’agit du seul indice qui permet d’identifier les aliments simples, par opposition aux aliments ultra-transformés, qui constituent selon les dernières études, une menace pour la santé.

Dans ce cadre Siga a mis en place un système de médailles d’or et d’argent pour indiquer les articles qui se distinguent de la concurrence par la qualité de leur recettes.

 

À quoi servent les médailles Siga ?

Ces médailles vous permettront de repérer les produits les mieux formulés et les moins transformés dans chaque catégorie d’aliments.

Des applications mobiles comme Scan Up, intègrent désormais le système des médailles Siga (or et argent) pour repérer les aliments sans marqueur d’ultra-transformation.

Si vous ne disposez pas d’un smartphone, vous pouvez également regarder avec attention la liste d’ingrédients pour identifier les aliments ultra-transformés sur la base des conseils suivants :

  • Ce sont des ingrédients qu’on ne peut pas acheter ou trouver facilement à la maison (ils sont réservés à l’usage industriel)
  • Les noms des ingrédients sont difficiles à retenir. Par exemple : dextrose, polyols, citrates de sodium, triphosphates, caséine, etc.
  • Les aliments ultra-transformés peuvent contenir de nombreux additifs (même si tous les additifs ne sont pas des marqueurs d’ultra-transformation)

 

Voici quelques exemples pour mieux comprendre la méthodologie.

exemple 1 : utiliser les labels alimentaires pour mieux choisir vos produits

 

exemple 2 : utiliser les labels alimentaires pour mieux choisir vos produits

 

Nous espérons que la méthodologie proposée vous aidera à faire de meilleurs choix, en évitant la confusion et en protégeant votre santé.

  • 139
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *