Le profil nutritionnel des aliments ultra-transformés peut-il les rendre addictifs ?

Vous vous intéressez au profil nutritionnel des aliments ultra-transformés ? À leur coût ? Et comment ils peuvent devenir addictifs ? Vous êtes au bon endroit !

Dans cet article, nous résumons les principaux résultats de trois études scientifiques, qui décrivent le profil des aliments ultra-transformés et leurs conséquences pour la santé. 

 

Caractérisation des aliments ultra-transformés par leur profil nutritionnel et leur coût

L’étude du département d’épidémiologie de l’université de Washington est l’une des premières à explorer le profil nutritionnel (densité énergétique) et le coût monétaire des aliments en fonction du degré de transformation, selon la classification NOVA.

Aujourd’hui, les aliments ultra-transformés (AUT) représentent 60% des apports caloriques des régimes américains. Nous obtenons des chiffres similaires au Canada et au Royaume-Uni. Cependant, nous savons désormais que ces-derniers constituent une réelle menace pour la santé mondiale.

les aliments ultra-transformés représentent 60% de l’énergie des régimes américains.

L’un des objectifs de l’étude est d’étudier les tendances des prix des denrées alimentaires pour les AUTs, les aliments transformés, culinaires, et non ou peu transformés.

Pour cela, un questionnaire de fréquence alimentaire a permis de collecter les données sur l’alimentation des participants. Les 384 composantes alimentaires ont été classées dans l’une des 4 catégories de NOVA mentionnées plus haut. 

L’étude conclut que les aliments non ou peu transformés ont la densité nutritionnelle (basé sur l’indice NRF) la plus élevée. Par ailleurs, ils ont la densité énergétique (kcal/g) la plus faible, à l’instar des AUTs.

Les chercheurs ont calculé le gradient de coût pour 100 g et 100 kcal pour 371 aliments. Ils ont obtenus les prix à partir des supermarchés locaux du comté de Seattle King sur 12 ans.

 

Que disent les résultats ?

Les résultats indiquent que les AUTs coûtent environ 0,55 $/100 kcal; les aliments transformés 0,64 $/100 kcal; les culinaires 0,14 $/100 kcal et enfin les aliments non ou peu transformés sont nettement supérieurs aux autres catégories : 1,45 $/100 kcal.

Les épidémiologistes ajoutent qu’en 12 ans les prix moyens des produits alimentaires ont croît d’environ 37%. Le prix moyen des AUTs a augmenté de 0,14 $/100 kcal. Contre 0,41 $/100 kcal pour les aliments non ou peu transformés.

Mettre l’accent sur le degré de transformation des aliments et leur profil nutritionnel semble constituer une stratégie efficace pour les professionnels de la santé délivrant des principes diététiques auprès de patients/consommateurs.

 

Consommation d’aliments ultra-transformés et impact sur l’alimentation des jeunes adultes

Une étude brésilienne a tenté d’évaluer la consommation d’aliments ultra-transformés (AUTs), ses effets et son incidence sur l’apport en nutriments auprès de 4 202 jeunes adultes.

Un rapport de 2008-2009 a dévoilé qu’un brésilien sur deux était en surpoids. Les principales raisons : la sédentarité et un régime alimentaire inadéquat.

Les aliments ultra-transformés et leurs profil nutritionnel

 

Ainsi, la consommation d’aliments ultra-transformés a été évaluée selon la classification NOVA, proposée par le professeur Monteiro, c’est-à-dire en fonction du degré de transformation : aliments non ou peu transformés, aliments transformés, ingrédients culinaires et aliments ultra-transformés.

On obtient les résultats à partir d’un questionnaire relatif au régime alimentaire des interrogés. Il portant sur la proportions d’AUTs consommés et le pourcentage d’apport calorique des micro et macronutriments (profil nutritionnel). 

De plus, ils montrent une association entre le groupe consommant le plus d’aliments ultra-transformés et la consommation de graisses (notamment) saturées, de cholestérol, de sodium, de fer, de calcium et d’apport calorique total plus important. 

 

Quels sont les résultats ?

Au total, les personnes consommant le plus d’aliments ultra-transformés consomment en moyenne 1 000 kcal de plus par jour. De plus, l’apport en glucides, protéines et en fibres est plus faible pour ce même groupe. Contrairement au groupe qui consomme le moins d’AUT. 

L’apport calorique quotidien moyen des individus de l’étude est de 3 758 kcal. La consommation d’aliments ultra-transformés est responsable de plus de la moitié de cet apport, soit environ 51,2 %. Cette proportion provenant principalement des sucreries et du pain. 

Ainsi, l’étude suggère que limiter la consommation d’aliments ultra-transformés représente un moyen très efficace de réduire le sodium, le cholestérol et les graisses saturées et d’augmenter les fibres, les protéines et les glucides. C’est donc un moyen de combattre l’obésité et les maladies cardiovasculaires.

 

Effets subjectifs et perte de contrôle : Quels profils d’aliments favorisent la dépendance ?

Les auteurs de cette dernière étude se sont penchés sur le potentiel des aliments à favoriser une dépendance. Pour cela, ils ont étudié la corrélation entre divers aliments et l’éventuelle perte de contrôle associée, ainsi que les effets ressentis décrits plus bas.

Les 30 aliments étudiés comprennent des aliments ultra-transformés et non ou peu transformés.

Le potentiel des aliments à favoriser une dépendance

 

Les 501 participants ont décrit cinq aspects pour chacun des 30 aliments présentés. Ces aspects sont : le goût, le plaisir éprouvé, le désir, l’aversion, l’intensité du goût et enfin la perte de contrôle ressentie. 

 

Qu’indiquent les résultats ?

Les résultats relatifs à la perte de contrôle distinguent deux groupes . Le 1er groupe, principalement composé d’aliments ultra-transformés est associé à une plus grande perte de contrôle que le 2ème groupe, constitué d’aliments non ou peu transformés.

La perte de contrôle est un indicateur lié à la dépendance et à la consommation alimentaire. De plus, elle est aussi corrélée à la surconsommation alimentaire, au gain de poids et à l’obésité. 

Concernant les autres paramètres évalués, les aliments ultra-transformés semblent être associés à plus de goût, de plaisir, de désir et d’intensité gustative. Contrairement aux aliments non ou peu transformés, associés à des scores d’aversion plus élevés.

 

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